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Marche avec elle

Marche avec elle




Petit conte tragique, ou Pourquoi préférer Shakespeare à Racine et Corneille

(Comptez pas les pieds, c'est bourré d'erreurs.)
(Aucun rapport avec la photo. Ah parce que oui, il s'agit bien d'une photo !! )


Amis, voici l'histoire des héros tragiques ;
Pour l'un, le cornélien, l'amour est magique.
Elle, est racinienne : tout est fatalité.
Le dernier, shakespearien... eh bien, est shakesperien.


Ainsi donc, conversaient les deux premiers ; amants,
Depuis cinq minutes déjà qu'il confia
Sa flamme, et qu'à son tour elle avoue (lentement)
Ses propres sentiments, et conclut de la sorte :
"Ah, cruel, tu m'as trop entendue. J'aime."

Et lui de s'étonner, ne la pouvant comprendre :
"Ha ça, c'est un peu court, jeune fille! Cruel?
Moi qui de vos feux n'attendait q'une étincelle,
J'apprends que mon amour est bien reçu chez vous :
Donnez-moi votre bouche, et allons nous marier!"


C'est à l'héroïne de n'en pas revenir.
Ne savait-il donc pas -c'est Barthes qui l'a dit,
Roland pour les jeun' filles- que dans la tragédie,
Dont ils sont les héros, lorsque l'on dit "je t'aime",
Fatalement on meurt? Pire, on s'occit soi-même
En croyant tuer l'autre. (Ou réciproquement?)
"Vous aimer? Allons, mon cher, vous perdez le sens.
Papa l'a défendu, ce serait mal, très mal."
Elle lui tend l'épée : "Tue moi, il faut mourir!"

Mais lui n'en démord pas : "Puisqu'il faut donc souffrir,
Unissons-nous d'abord, nous périrons ensuite.
Vous semblez ignorer que l'amour vient à bout
En toute circonstance de votre fatum."


Pour ceux qui ont suivi, vous constatez qu'ainsi
Pour la racinienne l'amour est malheureux,
Et que par la mort seule on peut se retrouver.
Le héros cornélien cependant ne s'y peut
Résoudre, le tragique est pour lui chose aisée.
(Sous-texte de ces vers : il veut se la taper.
Me venait à l'esprit une autre rime en "zé",
Mais elle eût lors été, je crois, bien trop osée.)

Arrive alors le héros shakespearien, qui résout sans façon ce dilemme cornélien. Il fait fi des alexandrins, envoie valser la bienséance, et s'offusque de leurs manières. Oui, c'est le comble.
Il entreprend de les violer tour à tour, puis les égorge, emporté dans son tourbillon dément. Il regarda ce qu'il avait fait, et vit que cela était bon. "Toubib or not toubib" se demande-t-il tout de même, des fois qu'ils ne seraient pas morts tout à fait. Puis il se passe l'épée au travers du corps, après un bref et prodigieux éloge de la folie
.


"Il y a deux tragédies dans la vie : l'une est de ne pas satisfaire son désir et l'autre de le satisfaire."

# Posté le lundi 04 mai 2009 08:18

Modifié le jeudi 11 juin 2009 15:12

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